Thierry Pfister

  Dans son recueil Quelques maximes, le sociologue André Siegfried note : « Nous ne donnons jamais, jamais, les raisons véritables de nos actes. » J’en conviens. De même, l’expérience demeure un bien intransmissible. L’histoire de l’humanité en témoigne. Si les rédactions des médias sont jeunes c’est aussi pour garantir une sorte d’émerveillement à la découverte de comportements qui ne cessent de se répéter sous des formes plus ou moins analogues.

   Incapable de demeurer dans la « ligne » d’une formation politique, d’adhérer aux normes d’une « communauté », de m’insérer dans la rigueur des codes éditoriaux, je suis. Maître Yoda m’en est témoin. Et ce en dépit d’une carrière au sein des médias, dans les rédactions du Monde et du Nouvel Observateur devenu L’Obs ; dans le giron du parti socialiste, comme secrétaire national des étudiants à la veille et au moment de Mai 68 puis comme collaborateur de Pierre Mauroy à Matignon ; achevée par vingt années comme éditeur chez Albin Michel. Avec au fil de cet itinéraire, une connaissance intime de l’épidémie de sida, depuis son apparition à l’aube des années 1980 comme un « cancer gay » inconnu jusqu’aux actuelles trithérapies.

    En raison de cette dernière dimension, je voudrais dédier ces pages à Gilbert W. témoin, acteur, ami, en mémoire de nos absents. T.P.

service politique du Monde
Le service politique du Monde à la fin des années 1970 – de gauche à droite : Noël Bergeroux, Raymond Barrillon, Patrick Francès, Nadine Avelange, Thierry Pfister, André Passeron, Bernard Brigouleix, Muriel Blandin, Thomas Ferenczi. André Laurens est absent.

Biographie

Issu d’une famille de la bourgeoisie havraise, Thierry Pfister est né en 1945 aux portes de Paris, à Vanves (92). Au fil des pérégrinations familiales, il effectue sa scolarité tour à tour au collège de Marmande (47), aux lycées François 1er du Havre (76) puis Jean Puy de Roanne (42), avant d’entrer en 1964 à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille (59). Ayant remporté la bourse Francis Lauga en 1967, il débute sa carrière à Europe 1 puis, en 1969, il entre au service politique du Monde en charge du suivi des formations de gauche et d’extrême gauche. Il est également éditorialiste politique pour les quotidiens L’Alsace et Le Télégramme de Brest et correspondant parisien pour Le Journal de Genève et Les Nouvelles de Tahiti. En 1979, il devient chef du service politique du Nouvel Observateur qu’il quitte en mai 1981 pour rejoindre, à Matignon, Pierre Mauroy qui vient d’être nommé Premier ministre par François Mitterrand. En 1985, il est recruté comme éditeur en charge des documents par Albin Michel. Il y occupera ensuite les fonctions de secrétaire général avant de prendre sa retraite à Narbonne (11).

Pour plus de précisions :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Pfister

A propos de Bruno Pfister
Cadet de sept ans de Thierry Pfister, Bruno s’est immolé par le feu le 1 er mai 1979 à Marmande, lieu de sa conception.
Avoir quinze ans en 1968, le plus bel âge de la vie ? Célébrés ou dénigrés, les événements de Mai 68 sont devenus un discours formaté qui ignore la part des drames individuels qu’ils ont provoqués au cœur d’une génération.
Tout n’est pas gay dans la vie s’en fait l’écho.

bruno
Bruno Pfister, Une puce a chanté, Poèmes d’une vie écourtée, éd. Mare Nostrum, 2011.

Remerciements
Merci à Catherine et Marie-Claude pour leur aide déterminante.

 

(c) Thierry Pfister, 2017.

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