82b – Symbole (2/3)

Les pratiques au sein des abattoirs sont dénoncées par des groupes militants à partir de vidéos accusatrices. L’industrie agroalimentaire est périodiquement secouée par des fraudes sur la qualité de ses approvisionnements. Les constructeurs automobiles trichent sur les performances de leurs moteurs. Et les arrière-cuisines de l’information ? Et les grossistes qui approvisionnent les titres phares ? Allons voir. #RescapesdelEspece
b82
Julien Assange

     Symbole médiatique le plus voyant de la technique dite d’« investigation », le numérique en plus et l’Almanach Vermot en moins, Mediapart est aujourd’hui ce que Le Canard enchaîné fut à la presse écrite depuis la première guerre mondiale, à l’aube du XXe siècle : il sert de réceptacle aux corbeaux. Son fondateur, Edwy Plenel, fidèle à sa pratique d’une collecte policière du renseignement, exerce une sorte de « journalisme profond », comme il dénonce, en reprenant un vocabulaire qui fait à présent florès dans l’Amérique des partisans de Donald Trump, un « État profond » (1).

     Dans sa vision complotiste de l’Histoire, héritée de ses engagements militants d’origine, il n’a pas hésité à titrer un article dénonçant la loi sur le renseignement « Le putsch de l’État profond » (2). Lui préfère il est vrai une autre référence. Il se réclame de Charles Péguy et de son « journalisme de renseignement » défini par la formule : « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste (3). »

           Dans la pratique, c’est pourtant avec la « vérité » que Mediapart rencontre le plus de difficultés. Ou plus exactement, avec les faits. A l’occasion de la disparition de Pierre Péan, en juillet 2019, Emmanuel Macron, bien qu’en vacances, avait tenu à saluer le travail de ce journaliste. Une démarche qui pouvait paraître, à première vue, étonnante mais qui trouvait son explication dans le fait qu’à travers cet hommage funèbre, le président de la République saisissait l’occasion de dire leur fait aux apôtres du « journalisme d’investigation », c’est-à-dire à Edwy Plenel et à ses comparses.

              Pierre Péan, en effet, a toujours mis en garde contre l’invention de ce prétendu « journalisme d’investigation ». Dans Le Figaro[4], il expliquait : « Ça fait des années que je m’évertue à répéter que je ne me reconnais pas sous le vocable de «journaliste d’investigation». «Investigation», c’est la traduction d’une expression américaine policière. (…)  Attendre sur son bureau les PV des juges, ce n’est pas ce que j’appelle de l’enquête, mais de la simple gestion de fuites. Le journaliste devient un pion, rentrant dans les objectifs des uns et des autres, devenant l’outil de vengeances ou de stratégies judiciaires. Je revendique de prendre l’initiative, je ne suis pas un auxiliaire de justice, je n’ai pas besoin de la justice pour déterminer le sujet de mes enquêtes. »

              Et Pierre Péan ajoutait : «  Les principes qui guident la profession de journaliste semblent avoir profondément changé. Si l’on part de très loin, on peut dire que nous assistons à une inversion de ce qu’avaient prévu les législateurs le 26 août 1789 qui, dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen avait mis la présomption d’innocence au 9ème article, la liberté de la presse , deux articles plus loin, à l’article 11. Aujourd’hui la liberté de presse prime, dans les faits, sur la présomption, d’innocence. Ces affaires témoignent du fait qu’on assiste de plus en plus à l’association de deux pouvoirs: le pouvoir judiciaire et le pouvoir médiatique. Cela n’est pas sain dans une démocratie d’avoir deux pouvoirs qui font alliance. En tant que citoyen, quelque chose me dérange profondément: aujourd’hui, un certain journalisme se fonde sur la violation de la loi. (…) Le journaliste dit «d’investigation» a des pouvoirs et des moyens exorbitants du droit commun. (…) Dans un tel système ,si le jugement innocente la cible des journalistes, celle-ci n’aura droit qu’à quelques lignes dans les journaux. Et cette innocence judiciaire ne rééquilibrera pas la culpabilité installée dans l’opinion publique.»

                Pour ma part, je n’ai pas oublié la manière dont Edwy Plenel a pratiqué le journalisme en août 1991 lorsqu’il prétendait révéler un « Scandale à Panama ». En s’appuyant sur des correspondances datant de 1987, il affirmait que le général Noriega aurait financé le Parti socialiste français, en particulier lors des élections de 1988. Or, en dépit d’une pesante tentative de justification dans un premier temps, Le Monde a été contraint de valider le démenti immédiat de Pierre Mauroy au nom du PS et de présenter, le 5 septembre, ses « regrets » en ces termes : « Au stade actuel de l’enquête officielle sur les documents remis à notre collaborateur Edwy Plenel, il apparaît que la lettre de 1987 mettant en cause le Parti socialiste et le financement supposé de la campagne électorale était un faux. » Alors directeur du quotidien du soir, André Fontaine avait supplié Pierre Mauroy de ne pas porter l’affaire en justice. Bon bougre, ce dernier avait accepté de passer l’éponge.

                    Un journaliste qui se trompe, cela peut arriver. Un journaliste dupé par une falsification grossière, c’est déjà plus rare. Néanmoins, cela peut se comprendre et – peut-être — s’excuser, bien qu’au minimum pareil comportement devrait conduire, me semble-t-il, à faire rentrer le coupable dans le rang.

                    Que dire, en revanche, lorsque Edwy Plenel non content de ne pas s’associer aux « regrets » du Monde, poursuit sur sa lancée et continue de propager sa fake news dans les ouvrages qui rassemblent ses reportages ?  Dans Le voyage de Colomb[5] il se borne à ajouter à la reprise de son article qu’il s’agit d’ «  un faux aux motivations mystérieuses». Puis, dans une réédition en 2002, il caviarde son texte, comme l’a relevé Bernard Poulet dans Le pouvoir du Monde[6] : « il y reproduit notamment l’article malheureux, amendé, sans dire qu’il s’est trompé, mais tout en expliquant qu’il s’agit d’un « supposé scandale » ».

                 Ainsi va la figure de proue du « journalisme d’investigation ». Et nul n’a oublié, parmi ses exploits, l’ignoble chasse à l’homme menée contre Dominique Baudis. Reportons-nous, là encore, aux propos de Pierre Péan dans l’interview déjà citée au Figaro : « Je ne n’ai pas dans les tripes l’envie de faire tomber des têtes. Je ne suis pas un militant. J’aime traquer les vérités qu’on me cache, mais je n’ai pas envie de tuer, j’ai envie de comprendre. Je ne cherche pas à trainer les gens sur les bancs de la justice, à les faire condamner. Je ne me vois pas comme le bras armé de la justice. Ce n’est pas ma vocation. Je ne suis pas là pour faire mettre les gens en taule. »

                      L’inverse de la démarche de l’auxiliaire de justice Edwy Plenel qui, le 27 décembre 2012, avait écrit au procureur de la République de Paris à propos de l’affaire Cahuzac[7]. L’objet de ce courrier était de réclamer l’ouverture d’une enquête judiciaire à la suite des articles publiés par Mediapart.

                         Le tissu de contre-vérités assemblées et colportées, à propos de Dominique Baudis, par un quarteron de militants trotskistes qui, à l’époque, faisaient la pluie et le beau temps au sein de la rédaction du Monde, aurait dû les disqualifier de manière définitive. Au premier rang figurait Jean-Paul Besset, un autre ancien de la Ligue communiste révolutionnaire. Passé par le cabinet du Premier ministre Laurent Fabius, il avait inauguré sa coopération avec Plenel en orchestrant la gestion médiatique du « mensonge d’Etat » concernant le sabordage du Rainbow Warrior, le navire de Greenpeace. Un exemple de ce « journalisme de connivence » dénoncé par Plenel, camouflé pour l’occasion derrière le mythe de l’investigation. A l’époque, pour se dépêtrer du dossier, le gouvernement prétendait découvrir les faits à travers une enquête médiatique qu’il alimentait.

                      Ayant, par la suite, pris place au sein du quotidien du soir, Jean-Paul Besset nous a promené, le 17 juillet 2003, dans la maison de l’horreur. Il nous a montré, sur ses murs, les « anneaux fixés à hauteur d’enfant » où les victimes de notables pédophiles auraient été enchaînées. De quoi faire vaciller « le système ». A un détail près : tout était faux.

                Alors, certes, Une jeunesse française[8], l’ouvrage de Pierre Péan sur la jeunesse de François Mitterrand, n’a rien de cette révélation bouleversante prétendue qui a accompagné son lancement. Le passé pétainiste de l’ancien Président, la francisque dont il fut décoré… ces faits avaient été publiés par les officines gaullistes lors de la première campagne présidentielle au suffrage universel, en 1965. Cette enquête répondait surtout au désir de Mitterrand, au soir de sa vie, de proposer, concernant cette période, un éclairage qui corresponde à la légende qu’il entendait voir lui survivre.

                  Il n’empêche qu’entre une enquête « à la Péan » ou une chasse à l’homme « à la Plenel », il n’y a pas matière à hésitation. Le journalisme a besoin de faits. Les éclairages eux sont libres et, par nature, multiples.

               En dépit de l’ancrage historico-littéraire revendiqué par Plenel, les méthodes médiatiques ont évolué, en un siècle. Naguère, lorsqu’il n’existait que deux écoles de journalisme et non une quinzaine – comme Les Cahiers (9) –, durant les formations nous apprenions que tous les moyens étaient bons pour obtenir des informations. Ou presque. Un document pouvait être consulté, même de manière non légale ; en revanche le vol était prohibé.

      J’entends que mes connaissances en informatique sont balbutiantes, j’ai néanmoins cru comprendre qu’en matière de sécurité certains spécialistes s’arrogent le droit de contourner les protections, d’aller explorer le contenu des ordinateurs et de faire des copies. Ces millions d’informations non triées, donc non clairement identifiées lorsqu’elles sont prélevées, se retrouvent sur un marché opaque. Le butin est utilisé soit pour favoriser d’autres intrusions, du chantage, ou une communication, en des termes dont la dimension financière n’est pas nécessairement exclue, aux médias.

           Des intermédiaires, dont le plus connu demeure WikiLeaks, affirment assumer la noble part en analysant et en mettant de l’ordre afin de permettre ensuite une exploitation médiatique. Ce fut vrai. Ce ne l’est plus. Les prélèvements opérés dans les ordinateurs de l’équipe de campagne d’En marche! en portent témoignage.

          Depuis sa création en 2006, l’ONG WikiLeaks est devenue une société de droit islandais dont la liste des dirigeants, l’Advisory board, n’est plus connue ni même reconnue par une fraction de ceux qui sont censés y figurer. Le site se donne pour objectif de divulguer, de manière anonyme et non identifiable, des documents, y compris militaires, qui révéleraient des réalités politiques et sociales qui seraient dissimulées.

          L’une de ses dernières opérations a pris la forme, en mars 2017, d’une publication, sous le nom de code Vault 7, de 8 761 documents secrets, extraits d’un réseau sécurisé du Center for Cyber Intelligence, situé à Langlay, au siège de la CIA (10). Ils décrivent les actions menées par l’EDG (Engineering Development Group), l’équipe de hackeurs qui, au sein de l’agence de renseignement américaine, développe backdoorsexploits (11), chevaux de Troie et autres techniques de guerre informatique. Il s’agit de la plus importante fuite depuis les révélations d’Edward Snowden (12), en juin 2013, qui concernaient la surveillance mondiale des communications par la National Security Agency (NSA).

               À cette occasion, il est apparu que les renseignements américains collectaient des logiciels malveillants produits par d’autres États, dont la Fédération de Russie. Ce qui a aussitôt été récupéré par le site pro-Trump Breitbart et exploité auprès de ses 37 millions de visiteurs mensuels. Steve Bannon, qui a passé sept mois à la Maison Blanche comme conseiller de Donald Trump, en a récupéré la direction en 2012 après le décès du fondateur, le journaliste conservateur Andrew Breitbart, ancien du Washington Times (13). Il qualifie son médium de « plateforme de l’alt right ».

                   Le site n’avait pas hésité à titrer : « La CIA vole du malware pour attribuer ses cyberattaques à d’autres nations comme la Russie. » On retrouve l’effet ricochet qui a toujours existé dans la diffusion d’informations compromettantes. L’objectif de Breitbart était de dédouaner les Russes dans l’opération de piratage des courriels démocrates.

                   Le porte-parole de WikiLeaks et son incarnation médiatique, Julian Assange, proclame que « l’organisation de fuites constitue une action intrinsèquement antiautoritaire ». Nul ne le contredira sur ce point ni sur le fait que le contrôle de l’information est un outil de pouvoir. Mais, de la même manière qu’en lançant des bombes les anarchistes du XIXe siècle n’ont pas mis un terme à l’autoritarisme et ont obtenu le résultat inverse, le déversement de centaines de milliers de documents récupérés dans la mémoire des ordinateurs n’est ni un gage de transparence ni une voie vers moins d’autoritarisme. Bien au contraire. Il permet de dissimuler diverses manipulations, à la manière dont les mouvements anarchistes étaient infiltrés par la police, y compris à travers Le Libertaire de Louise Michel. Il justifie les mesures de sécurité prises par les institutions et donc un surcroît d’autorité.

            L’ambition affichée de WikiLeaks est de parvenir à une transparence planétaire. Une transparence future qui ressemble à une promesse électorale. Elle n’existe pas, à l’heure présente, concernant la réalité de WikiLeaks. Si Leaks (14) est justifié, Wiki (15) ne l’est plus. La transparence ne va plus jusqu’à maintenir la possibilité d’intervention de l’internaute-citoyen. Les contempteurs de l’information contrôlée se sont, à leur tour, assuré le monopole de son usage. En matière de gestion de l’image et de manipulation de l’opinion, ils ont montré qu’ils n’avaient pas de leçons à recevoir.

             Sous la pression des révélations de la presse américaine, le fils aîné du Président américain, Donald Trump Jr, s’est trouvé contraint de rendre publics (16) les messages privés qu’il avait échangés avec WikiLeaks durant la campagne présidentielle. Histoire de le mettre en confiance, la plateforme l’informait de la création d’un site anti-Trump puis, de fil en aiguille, les manipulateurs ont demandé les déclarations d’impôts du futur Président, suggéré qu’en cas de défaite Donald Trump conteste les résultats de l’élection et proposé, by the way, que Julian Assange soit nommé ambassadeur de l’Australie aux États-Unis !

                Ces pionniers ont suscité des vocations. Les écologistes du Parlement européen ont lancé EULeaks en se donnant pour objectif de récupérer des documents afin de mettre un terme à l’opacité de la Commission de Bruxelles. Ils ont proposé un lien internet à intégrer dans le navigateur Tor Browser, permettant d’envoyer des fichiers de manière anonyme afin de protéger les sources.

             Greenpeace a récupéré, en mai 2016, près de deux cent cinquante pages de négociations entre les États-Unis et l’Union européenne concernant le TTIP (17) et plus particulièrement les appellations contrôlées et les OGM. Une nouvelle manière d’effectuer du lobbying pour les groupes d’intérêt qui, à un moment ou un autre, souhaitent freiner ou casser des négociations.

               Dans cette lignée, Mediapart a lancé, en 2011, FrenchLeaks avec pour ambition affichée de permettre « à des sources de nous transmettre, en toute sécurité et confidentialité, des documents d’intérêt public qui seront mis en ligne après une enquête préalable répondant aux règles professionnelles du journalisme ». Par ce biais le site avait reçu et publié, en 2015, des documents en provenance de la préfecture de Seine-Saint-Denis, dont une liste de perquisitions administratives menées dans le cadre de l’état d’urgence.

              Cette fascination de la gauche morale pour les méthodes de WikiLeaks explique peut-être que Julian Assange ait choisi, en juin 2015, Mediapart et Libération comme réceptacles français des écoutes effectuées par la NSA, entre 2006 et 2012, visant tour à tour Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande.


Notes :

  1. Dans un entretien aux Inrocks du 19 décembre 2013, à propos des démêlés de Mediapart avec le fisc concernant des taux de TVA, il avait expliqué : « On a seulement comme adversaire le cerveau reptilien de l’État profond. Je pense que la haute administration, avec ses préjugés sur ce que nous représentons, déclenche cette affaire après un article orienté et malveillant de L’Express. »
  2. Mediapart, 21 juin 2015.
  3. Entretien dans Le Nouvel Observateur, 13 février 2014.
  4. 28 mars 2014.
  5. Le Monde éditions, 1992.
  6. éd. La Découverte, 2003.
  7. Jérôme Cahuzac a été, en 2012 et 2013,  ministre délégué en charge du Budget. A la suite d’accusations de fraude fiscale, il a été contraint de remettre sa démission et a été, par la suite, exclu du PS. En mai 2018, il a été condamné, en appel, à deux ans de prison ferme et deux ans avec sursis ainsi qu’à cinq années d’inéligibilité.
  8. Fayard, 1994.
  9. Les Cahiers de la quinzaine, revue bimensuelle qui a compté 238 numéros, fondée le 5 janvier 1900 par Charles Péguy et qu’il a dirigée jusqu’à sa mort, en juillet 1914.
  10. Central Intelligence Agency, principal service de renseignement américain.
  11. Dans le domaine de la sécurité informatique, il s’agit d’un élément de programme  permettant à un individu ou à un logiciel malveillant d’exploiter une faille de sécurité.
  12. Il a trouvé refuge et asile en Russie. En août 2016, sur Twitter, il avait envisagé que les services de renseignement russes puissent être impliqués dans le piratage d’outils de cyberattaque de la NSA.
  13. Qu’il vaut mieux ne pas confondre, comme l’avait fait Jacques Chirac alors Premier ministre, avec le quotidien de référence Washington Post. En 1986, faisant suite à une initiative du conseiller diplomatique de Matignon, François Bujon de l’Estang, il avait accordé un entretien selon lui, une interview selon son interlocuteur, au rédacteur en chef du Washington Times fondé quatre ans auparavant par des membres de l’Église de l’unification, plus connue sous le nom de secte Moon.
  14. Fuites en anglais.
  15. Wiki est une application web qui permet la création et la modification collaboratives de pages à l’intérieur d’un site web. C’est le cas, par exemple, de Wikipédia.
  16. 13 novembre 2017.
  17. Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement.

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